Mauvaises herbes // Ill weeds

Ill weeds (english version)

Souvenirs d’un cours d’histoire de l’urbanisme,
Depuis le temps des chasseurs-cueilleurs, les hommes consacreraient toujours plus de temps à travailler pour subvenir à leur besoins…
Certes la prof était un peu marxiste sur les bords, mais ça m’avait tout de même interpellé.

De fait je cueille, pêche et ramasse de plus en plus depuis le début du voyage.
Baies, palourdes, coques, couteaux, moules, mûres, châtaignes, noix, pommes, cèpes, coulemelles, oursins, arbousiers…

Quelque chose de plaisant, d’apaisant, presque de sensuel dans la répétition de ces gestes ancestraux.
Alors je n’hésite pas à faire une pause pour remplir les sacoches !

La rencontre avec Moutise – ethno-botaniste – allait donner un caractère plus systématique à ces activités.

Je faisais alors du woofing en Corse, chez Jean-Yves, un personnage de l’île. Le coeur sur la main, toujours plein d’humour, une énergie et une vitalité incroyable. Il est de toutes les luttes, depuis le Larzac jusqu’en Palestine et actif au quotidien dans la gestion locale des déchets. Paysan-artisan du cuire, de la biodynamie à l’écriture, en passant par le tournage d’un film, il poursuit ses différents combats pour une Terre plus humaine… Bref un type simplement extra.

Moutsie est donc arrivé dans ce petit paradis perdu en plein maquis.  En une après-midi à ses côtés je me suis rendu compte qu’on était entouré de nourriture, il suffit de se baisser !
Impressionnant de voir tant de plantes, non seulement comestibles mais excellentes et bourrées de vitamines et de minéraux.
Mouron blanc, Galinsoga, Plantain lancéolé, Mauve, Violette, Reichardie, Ombilics…

Elle repartait le lendemain en me laissant son manuel de reconnaissance des plantes… un pavé plus lourd que mon sac de couchage !
Moi qui me déleste peu à peu des objets et des kilos superflus… Je n’emportais pas ce bouquin à la légère, mais avec l’intention de m’en servir au quotidien.

Ça fait maintenant une quinzaine de jours que je fais mon petit marché, en bord de chemin ou dans le jardin de mes hôtes.

Abondance de produits gratuits, sains… c’est quand même autre chose que la laitue du rayon frais…
On y ajoute un cèpe et le traditionnel riz/lentille prend une allure de festin !
C’est aussi très agréable d’enrichir et d’échanger ces connaissances avec les hôtes, de trouver ensemble des idées de recettes…

Au-delà de la nourriture, ces petites plantes sauvages – plus couramment appelées « mauvaises herbes » – représentent une figure de liberté, d’abondance et de simplicité.
Légèreté de l’instant, ignorant l’accumulation.
Intelligence du vivant.

Encore et toujours cette wildness 🙂

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Le livre de Moutsie fait maintenant partie de ma petite bibliothèque mobile 🙂                     + d’info

 

 

 

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Mes petites préférées : les ombilics, ou nombrils de Vénus. Bien charnues, des vraies friandises !

 

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Le Galinsoga a un goût de Taupinambour délicieux

 

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Voyager à vitesse de champignon 🙂 La lenteur permet de débusquer les cèpes en bord de chemin.

 

 

 


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